La lenteur, un business model qui a du sens.

Lever le pied et ralentir. Et si c'était la solution pour un monde durable ?

Les industries sont obsédées par la croissance démesurée de leurs activités. C’est par un renouvellement rapide de leurs gammes de produits qu’elles mettent en place une rotation perpétuelle qui incite les consommateurs à réinvestir dans de nouveaux produits, encore et encore. En plus d'accélérer leurs productions, ces entreprises réduisent toujours plus leurs coûts (au détriment de certains droits humains) pour produire un rendement financier maximum.


À QUEL PRIX ?

Ce modèle montre ses limites car il créé des conséquences environnementales et sociales négatives de plus en plus marquées. Il n’y a qu'à voir les dégâts engendrés sur notre agriculture moderne, largement pointée du doigt dans mes précédents articles. On l’a aussi vu avec le récent scandale des camps d’internement des Ouïgours en Chine qui ont longtemps désintéressé la communauté internationale et qui aujourd’hui sont enfin dénoncés par les médias, par des mouvements qui agissent pour un réveil des consciences.


JAMAIS SATISFAIT ET TOUJOURS PRESSÉ !

Aujourd’hui tout est à portée de main. Si on veut écouter le nouveau morceau à la mode, on le fait en quelques clics. Un catalogue quasi infini de films et de séries nous est proposé dans nos services VOD préférés. Même nos relations amoureuses ne tiennent qu'à un simple swipe. Tout est instantané. C’est en opposition à nos habitudes d'immédiateté que l’on voit réapparaître un modèle économique plus lent basé sur les investissements durables et une économie locale. La crise covid a d’ailleurs récemment mis en avant le besoin évident de relocalisation. 


PAUSE...

De nombreuses études montrent qu'un travailleur qui prend son temps est au final plus efficace.

En effet, on peut ainsi éviter l'hyper-productivité qui provoquera tôt ou tard un relâchement ou un mal-être chez vos collaborateurs.

Ce “slow model” éthique, écologique, durable ou circulaire, permet de se concentrer sur le geste, la pratique, le dialogue ou la transmission. Ce qui fait de lui un modèle alternatif plus viable sur le long terme. 


LE RAPPORT DE L’INDIVIDU A L’OBJET

Ça commence par là. Prendre conscience de ce que l’on possède. Valoriser le temps et le travail fourni dans la conception d’un produit. Je pense que ce sont des points qui nous permettraient de sortir de cette spirale du “toujours plus et toujours plus vite”. C’est dans cette optique d’ailleurs que les fiches produits de la boutique en ligne Odyssée décomposent, en toute transparence, la répartition de chaque étapes de conception. C’est pour ça aussi que j’ai récemment proposé des quizz permettant à ceux qui le veulent d’en apprendre plus sur le travail qui se cache derrière un vêtement et c’est aussi pour ça qu’existe ce blog. 

 

MARCHÉ DE NICHE À POPULARISER

Dans les faits, la “slow consommation” cible encore aujourd’hui un marché de niche où les consommateurs sont déjà à l’écoute du changement et sensibilisés à leur impact environnemental et social.

À l'avenir, il va de soi qu’il faudrait accompagner et rassurer de nouveaux consommateurs en leurs proposant des solutions s’ils souhaitent se tourner vers ce « nouveau » mode de consommation.

UN RETOUR EN ARRIÈRE NÉCESSAIRE

Il est vrai qu'à travers ma marque je produis de nouveaux vêtements, car j'aime la mode. Dans ce cas je me dois de produire moins mais mieux face à l'urgence climatique. Mon choix pour Odyssée est donc de produire en petite quantité des pièces intemporelles de qualité qui durent et qui peuvent même être réutilisées ou transmises. 

Soyons clairs, par nature, produire = polluer. Donc chez Odyssée nous polluons (un tout petit peu). L'idée est d'en être conscient et de réfléchir à comment limiter notre impact.

 

Face à cette évidence, pouvez-vous réellement encore dire qu’une entreprise qui recherche toujours plus de croissance au travers toujours plus de production est une réussite ? 

 

 

Beaucoup ont compris ce problème autour de la production d'ailleurs et c’est pour cela que l’on voit resurgir des modèles économiques vieux comme le monde. Les achats de seconde main, l’upcycling, les vides-dressings ou les boutiques de dépôt-vente. On en voit de plus en plus. Je tiens d’ailleurs à saluer le travail de O.show.room, des Poupées russes ou encore de Honey saint vintage. Je pense aussi à la marque Coule love qui a créé l'année dernière le coule studio, initiative qui a pour vocation de redonner une seconde vie à leurs produits. Toutes ces entreprises sont locales et très inspirantes pour moi. Il faut en être fier !


RÉUSSIR SANS CROÎTRE DAVANTAGE ?

Vous me direz qu’une entreprise qui produit peu et qui ne cherche pas l’expansion ne peut être viable...

Après tout, comment ne pas penser ça quand les seuls exemples de réussite que l’on nous met en avant lors de conférence ou dans les magazines marketing sont systématiquement des jeunes qui sont devenus PDG de multinationales en commençant à travailler dans leurs garages. Vous remarquerez d’ailleurs qu’on aura tendance à taire facilement l’impact social déplorable qu’ils ont pu avoir pour arriver où ils en sont.

En effet, dans un sens, ce sont des réussites. Mais il existe aussi des réussites, plus simples, plus modestes, plus “propres” et tout aussi belles. (Même plus belles à mon avis)

Je vous invite à aller regarder la conférence de Julia Faure, co-créatrice de la marque LOOM qui en parle avec une justesse incroyable.

Julia nous explique qu’elle a fait le choix de renoncer à la croissance de son entreprise et elle nous explique surtout comment elle parvient malgré tout à avoir une activité viable.

 

 Julia FAURE TEDx

“Dans mon entreprise, on a compris que la taille optimale n’est pas la taille maximale.” Julia Faure.


Des entreprises comme la sienne, il y en a plein. Un autre modèle de réussite est donc possible. 


TOUT DÉ-CONSTRUIRE !

Un remaniement de mon business model et de ma gestion chez Odyssée est en train de s’effectuer en complément des nombreuses démarches déjà mises en place pour limiter mon impact.

Objectif : Ne produire que ce qu’il faut. Ni plus ni moins.

Grâce au système (pas si nouveau) de la pré-commande, je pourrai dorénavant produire le strict nécessaire. Cela me permettra aussi, selon vos besoins, d'élargir ma palette de taille en fonction de chacune de vos commandes et surtout je pourrai garder des prix justes pour des produits toujours de meilleure qualité.

Vous commencez à me connaître. Je ne m'arrêterai sûrement pas là. D'autres changements doivent s’effectuer. Tant dans ma chaîne de production que dans mon offre. À titre d'exemple, je vous proposerai bientôt des solutions pour rallonger toujours plus la durée de vie de vos produits achetés chez Odyssée. Je compte aussi briser ce mur (numérique) entre vous et moi et faire de vous une part encore plus importante de mon projet.

Toutes ces idées sont en développement. Je vous en parlerai via le blog au moment venu. Alors, n’oubliez pas de vous abonner à la newsletter. :)

Faire les choses à un rythme HUMAIN ! C’est l’objectif. Encore et toujours.

Nous ne sommes pas des machines. Il serait temps de nous en rappeler.

Peut-être devrait-on réfléchir “rapidement” aux bienfaits d'une existence plus "lente"


Qu’en pensez-vous ? 

Laissez-moi vos avis ou vos suggestions en commentaire.

mars 03, 2021 — Frédérick Cadet

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