“Que peut apporter une entreprise comme la nôtre, en ces temps si particuliers” ?

Au début de la crise, nous étions beaucoup d’entrepreneurs à nous poser cette question.

La réponse nous est apparue comme une évidence.

PROTÉGER NOS SOIGNANTS EN MANQUE DE MASQUES.

Faire vite mais surtout faire bien.

Avant de nous lancer, nous avons dû nous renseigner au maximum sur les masques de protection en tissu que nous voulions produire.

Des masques faits maison qui ont d’abord fait débat chez le personnel soignant mais aussi dans les médias.

Pour être efficaces, il nous a fallu comprendre en quoi ces masques pouvaient être utiles et en quoi ils pouvaient poser problème.

En quelques clics, nous avons constaté qu’ils ne seraient pas une solution adéquate pour nos soignants face au covid-19.

Masques anti-projection, “grand public”.

C’est le petit nom qu’on peut donner à ces masques en tissu “diy”.

 

Atelier numero 4

« Grand public » car ils ne vont pas pouvoir filtrer assez de particules virales pour être considérés comme de réels masques de protection, dits chirurgicaux.

Leur étanchéité ne permet également pas de répondre aux normes en vigueur.

Il faut plutôt les considérer comme des masques à usage « non sanitaire », avec pour fonction première d’éviter, lors de l’expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles.

Une fonction secondaire s’ajoute à cette utilité : réduire les contacts mains/visage.

En cela, ces masques en tissu nous semblent plus utiles au grand public pour réduire la possibilité de transmission du virus lors des déplacements.

Les masques chirurgicaux ou de type ffp2, d’une plus grande efficacité, devraient être destinés exclusivement aux établissements de santé qui en ont cruellement besoin.

Cette stratégie nous paraît être la plus adaptée.

Retournement de situation.

Afnor

Outre les polémiques, certains pays ont rendu obligatoire le port de masques anti-projection, dont des masques de type “grand public”.

Et les résultats se sont avérés plutôt positifs. Un bon point.

Les changements dans les discours de certains soignants, des médias et même de la politique face à ces résultats nous ont conforté dans l’idée de concevoir ces masques.

Hier encore, le Président de la république s’exprimait en évoquant l’idée de fournir un masque “grand public” à tous les citoyens. Le gouvernement envisage aussi de le rendre obligatoire.

Au-delà même du confinement.

 

“C’est bon, les voyants sont au vert, nous sommes sur le bon chemin ! En route vers la production de masques…”

L'atelier des gourdes

DIY, CHU de Grenoble, AFNOR…

Vous avez peut-être pu voir tomber une pluie de tutos depuis le début de cette crise. Des conseils, des analyses, des patrons qui expliquent comment réaliser les masques les plus efficaces. A tel point, que nous nous sommes retrouvés perdus dans cet océan d’informations.


En terme de fabrication, nous avons vite compris que l’important était de bien recouvrir les voies respiratoires, du nez jusqu’au menton. Mais en terme de matière, ça a été autre chose. Il fallait pouvoir assurer un minimum de filtration tout en ayant une bonne respirabilité en portant le masque.

Mais pour ça, quel tissu utiliser ? Quel maillage ? Quid du nombre de couches ? 2 ou 3 ? Le filtre doit-il être jetable ou lavable ? Quelle matière pour un bon filtre lavable du coup ? Et les attaches ? Derrière les oreilles ou derrière la tête ? Des élastiques ou des cordelettes ?

Beaucoup trop de questions, et dans l’urgence, nous avons d’abord agi.
Des masques bien différents ont ainsi été distribués ; pour finalement s’arrêter sur le masque à plis AFNOR qui reste le plus simple et facile à réaliser. Son cahier des charges, semble être le plus détaillé et le mieux pensé. Nous couplons cela au guide de conformités de l’IFTH.

Sourcing. Autant que faire se peut…

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! Du tissu, on en a plein à la Réunion mais rien de vraiment bio, rien de vraiment écologique et rien ne nous dit qu’il soit fairly made. Malheureusement, au moment de se décider sur la matière, le temps était contre nous et l’importation des fournitures nous semblait imprudente à ce moment-là. Nous sommes donc allés au plus simple et avons sourcé nos tissus sur place, comme beaucoup de couturiers(-ières) de l’île.

UPDATE: ICI

Etissus

Et, nos masques?

Ils sont composés de trois couches, de deux élastiques à croiser autour de la tête pour un meilleur maintien et depuis peu, ils sont ajustables au niveau du nez.

Du coton, de la popeline ou du polyester, qu’importe, nous devons composer avec les fournitures disponibles, nous misons surtout sur une maille très serrée pouvant être lavée à 60°. Pour notre couche intermédiaire (filtre lavable), nous avons opté pour du polypropylène déperlant et hydrofuge. Pour la troisième couche, nous pensons opter, à l’avenir, pour un jersey de coton. Ce sera plus agréable pour votre peau.

UPDATE: ICI

Rien de bien définitif.

Nous continuerons à apporter des modifications à ces masques grâce aux nouvelles données que nous recevrons chaque jour.

UPDATE: Découvrez nos nouveaux masques certifiés DGA. ICI!

Noyoco, Le slip francais, Lemahieu, copier et espérer égaler.

Nous ne cherchons pas à proposer des produits nouveaux et uniques, vous l’aurez compris. Nous ne sommes pas là dans un exercice habituel de création textile.

“Nous sommes en guerre” a-t-il dit.

Des initiatives de masques en tissu, il y en a aussi en Europe et en métropole. De nombreuses marques s’y sont mises avec quelques semaines d’avance sur nous. Nous nous servons donc du peu de recul qu’elles ont sur la situation pour pouvoir avancer sur le droit chemin. Vers la meilleure formule de fabrication.

Noyoco, par exemple, a lancé son opération “masques solidaires” avec tout d’abord 10 000 masques autofinancés en 24 h. Par la suite, la marque a dû créer un crowdfunding solidaire, avec pour objectif 2 500 euros pour un lot supplémentaire de 1 000 unités. Elle en est aujourd’hui à 51 117 euros de collecter pour un total de 12 000 masques produits. Elle a annoncé un nouvel objectif : en fabriquer 1 million. Bien sûr, ce sont des moyens que nous n’avons pas. Surtout en matière de logistique. Il faut pouvoir mobiliser beaucoup en terme de finance et de main d’oeuvre.

Mais ça nous donne des idées. 

Noyoco

Mission du gouvernement !

D’autres marques se sont mobilisées. En plus de Noyoco, des marques comme Le slip français, Lemahieu, Saint-James, Armorlux et plein d’autres, toutes alliées au groupement CSF, font face à l’urgence et répondent à la demande immense de masques à usage non sanitaire. Missionnées directement par le gouvernement et dans un premier temps à destination des entreprises des secteurs essentiels, elles sont aujourd’hui à une capacité de 800 000 masques/jour et ont pour objectif de les produire à échelle nationale. Nous voulons aussi participer à cet élan de solidarité, chez nous, à la Réunion.

Réinventer notre modèle économique !

Nous vous évoquions cette idée dans notre dernier article. Un changement devra s’effectuer après la crise. Ce changement a peut-être déjà commencé. Issu de collaborations activement solidaires comme celle-là. Se réinventer, s’allier, se dépasser et créer une nouvelle économie, plus saine, plus sensée, plus utile. Nous y croyons, nous sommes assez forts pour y arriver. Ensemble !

Et la production chez Odyssée ?

Nous nous posons la question de ce qui serait le mieux. Nous sommes beaucoup sur l’île à proposer des masques « grand public ». Ce qui demande beaucoup de temps et d’énergie. En une semaine de production, nous pouvons réaliser et distribuer environ 100 masques. Nous sommes loin des chiffres énoncés plus haut mais c’est déjà du travail, et nous comptons faire plus si le besoin se fait sentir. Nous réfléchissons à qui cela profiterait le plus, comment continuer de financer ces masques sans trop nous ruiner si les demandent continuent d’augmenter. Dès le début, nous avons fait le choix de ne faire aucun bénéfice sur ces produits et nous comptons nous y tenir ! Cependant, la matière première a un coût, et en ces temps difficiles, nous devrons peut-être être solidaires comme nous l’a montré Noyoco, grâce à un crowdfunding ou une quelconque aide de votre part, uniquement dédiés aux coûts de production et de distribution des futurs masques.
 

Masque barrière Odyssée

A vous de nous guider !

Nous vous invitons donc à partager cet article et notre initiative à vos proches, à des entreprises, à des associations, ou à toute personne susceptible d’avoir besoin de ces masques. Ils peuvent nous contacter par mail à contact@studioodyssee.com ou sur nos réseaux sociaux @studioodyssee , pour que l’on puisse évaluer la demande et notre véritable utilité dans ce combat afin de mieux s’y préparer. 

C’est ensemble que l’on s’en sortira. Et si des structures veulent mettre la main à la pâte, pour la distribution, la logistique, n’hésitez pas.

MERCI ET RESTEZ CHEZ VOUS !

Afnor

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